Thibault Brunet, série Boîte noire, tapisserie #1, 2020, cour­tesy Gale­rie Binome,
édition de 5 (+2EA) – 123 × 158 cm
tissage mécanique par l’atelier Néolice - Pixel Point sur métier Jacquard en fils de laine - 7 couleursThibault Brunet, série Boîte noire, tapisserie #1, 2020, cour­tesy Gale­rie Binome, édition de 5 (+2EA) – 123 × 158 cm tissage mécanique par l’atelier Néolice – Pixel Point sur métier Jacquard en fils de laine – 7 couleurs

La peau du monde

solo show

19/09 - 25/10/20

La peau du monde est le deuxième volet de la présentation du corpus Boîte noire de Thibault Brunet à la Galerie Binome. Initié en 2018 dans le cadre de la Résidence Etant donnés réalisée aux Etats-Unis, ce projet s’apparente à une mission archéologique sur les ruines de guerre en Syrie. Cette exploration à distance, à partir des videos d’information sur le conflit, couvre plusieurs champs de recherches et supports, en photogrammétrie et modélisation 3D, en réalité virtuelle et plus récemment en tapisseries. Si Thibault Brunet poursuit ici ses expérimentations photographiques autour de la virtualisation du réel, la restitution tend à trouver de nouvelles matérialités.

La série Boîte noire est née d’un sentiment étrange, celui d’être voyeur et contempteur d’une excitation menée à l’écart de considérations éthiques au profit d’une esthétique algorithmique.
« Les vues réalisées à partir de vidéos YouTube triées afin de ne retenir que celles des organes de presse, traduites en jpeg, puis modélisées en 3D agencent les ruines de guerre d’Alep et de Damas sous la forme d’une membrane quasi organique et close sur elle-même. À mi- chemin entre la restitution muséographique et le jeu vidéo, ces maquettes paraissent tout à la fois déréalisées et paradoxalement recorporalisées. » [extrait] « Input →■→ Output », par Marion Zilio, Boîte noire 2019.
L’objet semble circonscrit par une enveloppe charnelle, dont la couleur sable des briques et les parpaings gris-bleus des bâtiments évoquent une peau meurtrie. Ces membranes quasi organiques et closes sur elles-mêmes recouvrent dès lors leur fonction de boîtes noires, en conservant la trace mémorielle des désastres de la guerre. Une mémoire comme figée dans le marbre qui convoque plus largement l’histoire du cycle des civilisations, de leur naissance à leur déclin. S’agit-il d’un monde au bord de l’effondrement, une préfiguration anticipée de ses vestiges ? Ou bien des formes en gestation et l’annonce d’une nouvelle ère ?

Cette exposition des dernières œuvres de Thibault Brunet produites en 2020 fait également écho aux autres événements qui font l’actualité de l’artiste cet automne :

– Conférence et rencontres «Photographier les ruines, hier et aujourd’hui», en lien avec l’exposition «Joseph Koudelka, Ruines» – Table ronde avec les photographes Juliette Agnel et Raphaël Dallaporta – Bnf François-Mitterrand – Petit auditorium – le 26 septembre 2020 de 14h30 à 16h30

– Prix Révé­la­tion Livre d’Ar­tiste 2019 – ADAGP, Paris – du 16 septembre au 23 octobre 2020 – Visites guidées sur RDV unique­ment
découvrez l’exposition

Acquisition de l’oeuvre AULT par l’artothèque de Lyon, septembre 2020

Comme un parfum d’aventure – group show – MAC LYON – du 07 octobre 2020 au 03 janvier 2021

Melting Point* –  Festival accès)s( #20 – group show – Bel Ordi­naire, Grande gale­rie, Billère – du 09 octobre au 12 décembre 2020