Baptiste Rabichon & Fabrice Laroche, Boulogne le marais juin 1913, série Les intermittences du coeur, 2019, courtesy Galerie BinomeBaptiste Rabichon & Fabrice Laroche, Boulogne le marais juin 1913, série Les intermittences du coeur, 2019, courtesy Galerie Binome

Les intermittences du cœur

Hors les murs - Atelier de l’artiste

- exposition reportée -
06/11 au 19/12/20

Performance en laboratoire développée à quatre mains par Baptiste Rabichon et Fabrice Laroche, Les intermittences du coeur sont une série d’épreuves chromogènes tirées à partir d’autochromes originaux, par définition irreproductibles. Par delà le défi technique que représentent ces grands tirages analogiques couleur, le binôme joue sur la magie de la révélation à plus d’un titre, exaltant d’intimes rapports à l’image. Une folle aventure photographique, à l’instar de celles qui ont construit l’Histoire de la photographie depuis ses origines, entre invention et passion.

« Le projet de Laroche et Rabichon n’est pas seulement de l’ordre d’un défi ; il procède d’un véritable détournement de la nature canonique du photographique, tant le fait de créer un négatif à partir des autochromes est proprement contre-nature. C’est générer une stase, ajouter une étape à l’histoire d’un mode qui se voit soudainement augmenter, de façon quasi iconoclaste, par la fabrication d’un artefact. Un négatif potentiellement réutilisable – un « multiple », en quelque sorte. Si quelque chose de subversif est à l’œuvre dans cette manière dont les deux photographes ont abordé la réalisation de cette série, leur posture s’inscrit pleinement dans la tradition d’un Man Ray quand il invente les rayogrammes ou d’un Paolo Gioli, combinant pellicule Polaroïd, sténopé et report sur papier. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », proclamait en son temps Lavoisier. Le principe même de la création trouve dans cette formule toute sa justification et Les Intermittences du cœur en sont une nouvelle illustration. »

[extrait – Les Intermittences du cœur, la photographie en question par Philippe Piguet – septembre 2020]