Anaïs Boudot, sans titre, série La noche oscura, 2017, courtesy Galerie Binome, projet de résidence Casa de Velazquez 2017Anaïs Boudot, sans titre, série La noche oscura, 2017, courtesy Galerie Binome, projet de résidence Casa de Velazquez 2017

La noche oscura

solo show

19/01 - 03/03/18 - ouverture publique à partir du mercredi 24 janvier

vernissage jeudi 18 janvier de 18h à 21h

« La noche oscura » est la première exposition monographique d’Anaïs Boudot à la Galerie Binome qui la représente depuis 2017; année que l’artiste a consacrée à la production d’un nouveau corpus d’œuvres dans le cadre de sa résidence à l’Académie de France à Madrid, la Casa de Velazquez.

Lors de ses promenades dans la sierra ibérique, Anaïs Boudot glane des cailloux comme elle photographie. Sous la lumière aveuglante, éléments naturels et architecturaux sont comme des impacts de formes et de contours, des images mémorielles. Inspirée par ces fulgurances, l’artiste opère des aller-retours entre lumière naturelle – celle trouvée sur les lieux qui, de l’extérieur, révèle les formes à ses yeux – et lumière fabriquée – celle de l’atelier argentique et numérique, qui, de l’intérieur, illumine les objets photographiés. Enfin la lumière restituée serait celle qui tendrait à nous éclairer. Sur ces mêmes chemins empruntés par Thérèse d’Avila, Anaïs Boudot propose avec la série La noche oscura de faire l’expérience du secret des lieux de passage vers une vérité inaccessible. Les photographies de sentiers, escaliers et couloirs qui nous y conduisent, baignent dans une obscurité irréelle ponctuée d’éclats lumineux, d’arbres, pierres, branches et racines, tels des icônes. À l’instar des cailloux bleus qu’elle a semés, l’accrochage de l’exposition fait office d’un fil d’Ariane à suivre en pointillé. Dans ce « hors-temps » instauré, les repères visuels sont brouillés et le doute installé : qui de l’architecture précède la paroi rocheuse, que distingue le minéral du végétal, la lumière de la couleur et l’ombre du silence. « La noche oscura » interroge sur la présence des choses lorsque la vue déroge au sens admis et s’attarde… elle est une vision, un cheminement à emprunter.