Dans ses recherches de nouvelles formes en photographie et réflexions sur la matérialité et les supports de l’image, la Galerie Binome établit des dialogues avec le dessin. La sélection réunit deux artistes de générations différentes qui croisent également dessin et photographie. La part du noir et de la lumière révélée vont aussi de pair dans leurs œuvres.
Si la pratique d’AurelK (1992) mêle différentes techniques, de la peinture à la photographie, le dessin y a toujours une place prépondérante. Travaillant souvent en série, cherchant à brouiller la frontière entre l’esquisse et l’impression, AurelK explore l’intime et le rapport au sacré. Empruntant à l’iconographie de l’art religieux occidental, la série Suaire (saint ?) a marqué l’émergence de son travail, et celle plus récente, Fumus niger, lui vaut cette année d’être lauréat du Prix de dessin Pierre David-Weill de l’Académie des beaux-arts. Dans la série des grandes forêts, un imaginaire romantique porte la dimension spirituelle du travail.
Corinne Mercadier (1955) a commencé dans les années 80 une œuvre photographique qui l’inscrit depuis en pionnière de l’expérimentation du medium, et dans laquelle la part du dessin se révèle omniprésente. Agrégée d’Arts plastiques et diplômée en Histoire de l’art, elle déploie un art protéiforme, croisant photographie, dessin, travail en volume et mise en scène. Les trois corpus exposés, œuvres à l’encre, gouache et crayon de couleur – Black Screen Drawings, Le Voyage intérieur – et dessins sur photographies Éternel retour, rendent compte de cette association des mediums pour construire son univers : des scènes fictionnelles où l’on devine un décor réel qui se dilue dans l’imaginaire, et dans lesquelles objets et formes, souvent des sphères et autres corps volants, apparaissent. Dans ces dessins, aussi bien qu’en photographie, elle travaille la lumière et le point de vue dans sa cohérence des règles du rêve et non de la réalité.
